Pour tout(e)s celles et ceux qui s'intéressent à l'histoire du village du Noyer, dans le Pays-Fort, et de ses environs, depuis le Moyen-âge jusqu'à nos jours.
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Parmi les quelques dizaines de cartes postales anciennes du Noyer, l’une s’intitule « Maison Compoint ». Elle représente une maison bourgeoise rurale typique du milieu du 19ème siècle comme s’en faisaient construire les professions libérales, propriétaires terriens et officiers civils d’alors.
J’ai cherché à en savoir un peu plus sur cette maison et ceux qui l’ont fait construire et habitée.
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Comme nous l’apprend la matrice cadastrale, la maison a été construite en 1861 par « Pinsseau notaire ». Elle a alors un indice de revenu de 60, ce qui la place dans une tranche confortable.
Louis-Auguste Pinsseau est né à Santranges le 13 Août 1827. Il reprend en 1853 l’étude notariale du Noyer des mains de Louis-Henry Gressin qui la tenait depuis 1841, et avec lequel il n’avait aucun lien familial.
L’étude devait alors se trouver dans cette maison, un peu plus proche du centre-bourg, et qui avait été partiellement reconstruite par Louis-Henry Gressin en 1850.
Avant la Révolution, elle était vraisemblablement en face, dans cette maison appartenant à Pierre Lefailt, et dont la première partie remonte au-delà de 1770.
Louis-Auguste Pinsseau se marie à Aubigny le 7 Juin 1853 avec Marie Victorine Léontine Jaupitre, née en 1836 à Ennordres. Ils ont une fille Gabrielle, née au Noyer le 14 Août 1857, mais son épouse décède un mois après la naissance, à l’âge de 21 ans. Il se remarie en 1861 avec Euphrasie Faiseau, de Beaulieu (45) dont il aura un fils et une fille.
En 1863, il part s’installer à Beaulieu et cède son étude du Noyer à Pierre-Louis Decencière-Ferrandière, issu d’une famille implantée à Jars et Le Noyer au moins depuis la fin du 16ème siècle.
Le rôle du Notaire
Pour la plupart des gens, le rôle du notaire se cantonne à deux domaines : les successions et les mutations (ventes de biens immobiliers). Au 19ème siècle, et pour ne pas parler d’avant la Révolution, on faisait appel au notaire pour officialiser toutes formes de transactions.
Il y avait bien sûr les règlements de successions, qui nous livrent de précieuses informations sur la généalogie et le patrimoine des contractants, et les ventes de biens immobiliers (maisons, terres…). Il était dans ces deux cas imposé par la loi. Nombreux étaient celles et ceux qui passaient devant le notaire lors de leur mariage, afin de consigner les biens que chacun apportait à la communauté maritale.
Le notaire était également sollicité lors de la mise en apprentissage d’un enfant pour consigner la liste des vêtements et accessoires qu’il apportait à son entrée chez l’artisan ou le commerçant. On lui faisait authentifier des devis et des actes de ventes divers.
La gestion des tutelles de mineurs constituait une part importante des missions confiées aux notaires ; en effet, nombreux étaient les parents qui décédaient avant la majorité de leurs enfants.
De nombreux litiges familiaux ou de voisinage étaient réglés devant le notaire, et parfois grâce à lui.
Tout ceci explique que, jusque vers 1900 environ, chaque commune avait un notaire, voire plusieurs. On pouvait s’adresser au notaire de son choix.
Les offices notariaux au Noyer
- Pierre Lefait 1765-1793
- Pierre Souvigny 1793 (An III)-1811
- Pierre Souvigny & Mathieu Gressin 1811-1823
- Mathieu Gressin 1822-1841
- Louis-Henry Gressin 1841-1853
- Louis Auguste Pinsseau 1853-1863
- Pierre-Louis Decencière-Ferrandière 1863-1870
- Etienne-Léon Dion 1870-1875
- Alfred Thomas 1875-1896
- Abel Compoint 1900-1927
- Paul Dauvergne 1927-1930
Comme nous le voyons, trois notaires se succèderont entre Louis-Auguste Pinsseau et Abel Compoint qui s’installe au Noyer en 1900.
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Cet extrait du recensement de 1901 indique qu’il vivait avec son épouse, leur fille âgée de 9 mois et deux domestiques.
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Abel Alexis Compoint est né à Neuvy sur Barangeon le 06/02/1866 d’Alexis Compoint, propriétaire, et Marie-Louise Louis. Il épouse le 30 Janvier 1899 à Châtillon sur Loire Jeanne Malot (1880-1951), puis s’installe en 1900 au Noyer où il exerce la profession de notaire jusqu’en 1927. Le couple aura 3 enfants : Germaine (1906), Jean (1908) et Geneviève (1913). Le nombre de domestiques passera à 3 sur les recensements de 1906 et 1911, indiquant un train de vie confortable, puis se réduisit jusqu’à disparaître complètement en 1926 où le couple est recensé avec sa fille Germaine alors âgée de 20 ans.
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C’était il y a exactement 100 ans chez Maître Abel Compoint notaire au Noyer (document Alain Thomas, que je remercie).
La propriété est constituée de trois bâtiments. De gauche à droite : une dépendance pour le logement des domestiques et des chevaux ; au centre, l’office où le notaire recevait ses clients ; à droite, la maison d’habitation. Ces trois éléments sont aujourd’hui séparés en trois propriétés distinctes.
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La dépendance, vue en venant de Villegenon, au début du 20ème siècle.
Le même bâtiment aujourd’hui. Sa construction est soignée avec un joli chaînage en briques et des corbeaux ouvragés soutenant les extrémités des pannes de la charpente. On devine l’emplacement des portes de la remise où devait être rangée la voiture du notaire et, plus à droite, le logement des domestiques.
Construit dans le même style, l’office du notaire.
Enfin, la maison d’habitation, à l’air quelque peu austère.
Une remarquable glycine s’étend tout au long du mur extérieur.
Je vous ai gardé pour la fin ce petit détail mais, non, ce n’est pas chez nous !