Pour tout(e)s celles et ceux qui s'intéressent à l'histoire du village du Noyer, dans le Pays-Fort, et de ses environs, depuis le Moyen-âge jusqu'à nos jours.
Cette carte postale montre un groupe d’enfants et d’adolescents, filles d’un côté et garçons de l’autre, qui prend la pose pour le photographe. Nous sommes à la sortie du bourg du Noyer, en direction de Jars, dont on voit l’église tout au fond ; les deux villages ne sont distants que d’un bon kilomètre. Le passage du photographe était un évènement en ces temps. On notera les tenues soignées des jeunes filles, toutes alignées sagement, et dont l’une revient visiblement de la boulangerie.
Le groupe de garçons semble moins intéressé par l’évènement du jour, à part les deux de gauche, qui semblent échanger quelques remarques, probablement à propos du photographe. A leur droite, un garçon plus âgé et qui semble vouloir se démarquer par sa tenue plus élégante semble engagé dans une conversation sérieuse avec un camarade. Plus à droite encore, deux autres gamins devisent, dont l’un tourne le dos, alors qu’un plus petit, affublé d’une casquette blanche un peu grande pour lui, semble s’intéresser à la venue de l’homme à la chambre noire.
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J’ai eu la chance de trouver également, sur internet bien sûr, cette version annotée de la même carte postale, ce qui nous permettra de la dater avec une certaine précision. Ainsi on y apprend que la première fillette à partir de la droite est la « petite Marie Menthe ». Au milieu du groupe que je croyais exclusivement féminin se trouve « le petit à Camille Pasdeloup » (ce patronyme étant porté par plusieurs familles au Noyer et aux alentours, il est difficile d’en savoir plus) alors qu’au fond s’éloigne « la Grosse Marie », probablement une femme d’un certain âge. Parmi les garçons, le premier se prénomme Aristide, mais je n’ai trouvé dans les recensements aucun Aristide pouvant correspondre ; peut-être un cousin en visite au Noyer ?
La plus intéressante est « petite Marie Menthe ». Née au Noyer le 2 Février 1899, elle était la fille de Mary Menthe (1865-1909), qui exerçait la profession de maréchal-ferrant (celui qui ferrait les chevaux et effectuait de menues réparations sur le matériel agricole), et Louise Coquery (1868-1956). On peut raisonnablement lui donner 6 ans, ce qui placerait ce cliché vers 1905.
Marie Menthe, devenue grande, épousa au Noyer le 10 Juin 1925 René Denizet, originaire de Narcy (58). Sur l’acte de mariage, Marie est qualifiée de lingère, et René de livreur. En 1928, ils achèteront une grosse maison route de Villegenon, partie de la succession de Rosalie Maria Arnault (1825-1914), veuve de Louis Gressin (1816-1888), notaire et un temps maire du Noyer ; ce couple eut l’infortune de survivre à ses deux enfants, décédés respectivement en 1862 et 1887.
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D’office notarial, la maison deviendra ainsi une épicerie tenue par Mme Denizet et ses filles, et est toujours propriété de leurs descendants. A l’époque où a été prise cette vue (début 20ème siècle), la maison (celle derrière laquelle dépasse le clocher de l’église) était toujours habitée par la veuve Gressin, et il n’en existe à ma connaissance aucune la montrant à l'époque où elle était une épicerie.
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Cette autre vue, de la même époque mais cadrée autrement, montre le couple de boulangers Adrien André (1869-1950) et son épouse Marie Frelat (1878-1955) devant l'entré de sa boutique. Il y avait à l’époque deux boulangeries et deux boucheries au Noyer qui comptait, en 1911, 828 habitants (246 aujourd’hui).